dimanche 24 avril 2011

"MON NOM EST PERSONNE": DECOUPE DECOR ET DETAILS (12).

Henry Fonda et Terence Hill, devant la tour du Cornstake Fence Hotel, Royal Street, Quartier français, La Nouvelle-Orléans (Louisianne, USA), vers juillet 1973.


Le duel truqué annonce les temps modernes.
Le film fait l'impasse sur tout un dialogue entre les journalistes, Personne et Beauregard, échanges dont il ne reste que l'épisode du photographe.



Vue aérienne de Royal Street, Google Earth (années 2000). Marqués de rouge, les deux hôtels de charme devant lesquels Beauregard et Personne s'affrontent :le Nine-O-Five Royal Hotel et le Cornstalke Fence Hotel.




Le Cornstalke Fence Hotel n'est pas inconnu des amateurs de salles obscures. Sergio Sollima y avait planté ses caméras pour La cité de la violence (1970) : Charles Bronson en fait sa résidence à La Nouvelle-Orléans.



Le Cornstalke Fence Hotel, de nos jours (Google Image).



Henry Fonda sur les quais du Mississipi, Quartier Français, La Nouvelle-Orléans, vers juillet 1973. Tout au fond, derrière le Jackson Square, la cathédrale Saint-Louis.

Vue sur le Jackson Square et la Cathédrale Saint-Louis, années 2000.




Des moyens considérables sont mis au service de Tonino Valerii pour donner au quai l'apparence fin de siècle. Mon Nom est Personne est aussi une reconstitution historique particulièrement soignée.


Vue aérienne du Jackson Square et des quais (Google Earth). En haut, à l'angle gauche du Jackson Square et de Chartres Street, la boutique du barbier où le film se termine.


Personne entre dans la boutique. A l'arrière-plan, bien visible , la Cathédrale Saint Louis.

Terence Hill, Geoffrey Lewis : angle de Jackson Square et de Chartres Street, vers juillet 1973.

A l'angle de Jackson Square et de Chartres Street, la façade de la boutique, années 2000.



Les ailes d'un ange... (Terence Hill, La Nouvelle-Orléans, vers juillet 1973).

Passé dans l'Histoire... (Henry Fonda, La Nouvelle -Orléans, vers juillet 1973).



Sources iconographiques :
Il Mio Nome e Nessuno, Tonino Valerii (1973), DVD Mondo Home Entertainment, 2005.
Città Violenta, Sergio Sollima (1970), DVD RHV, 2004.
Google Earth.
Google Image.

Sources extérieures d'information:
Il Mio Nome e Nessuno 1972-1973, Ernesto Gastaldi, chez l'auteur, sans date.

"MON NOM EST PERSONNE" : DECOUPE DECOR ET DETAILS (12).

samedi 16 avril 2011

"MON NOM EST PERSONNE": DECOUPE DECOR ET DETAILS (11).



Dans les livres d'histoire... (Personne à Jack Beauregard)


Le dispositif d' images fixes illustrant les livres d'histoire est déjà inventé par Ernesto Gastaldi dans le script original:


L'immagine si vira in seppia, i contorni fotografici diventano tratti di penna di un disegno ad incisione e il FOTOGRAMMA FISSO diventa la pagina di un libro che ora un colpo di vento fa voltare: irrompono di nuovo riempiendo lo schermo i cavalieri del Mazzo al galoppo serrato.



Fermeture à l'iris : la légende est écrite.

Ligne de chemin de fer "Alquife-Estacion de la Calahorra", Altiplano du Marquesado (Grenade), vers juillet-août 1973.



Gastaldi imagine un voyage beaucoup plus long dont le film fait l'ellipse. La Horde Sauvage s'élance à la poursuite du train. Après quelques péripéties, Personne finit par détacher le wagon plein d'or volé. Celui-ci déraille puis s'écrase contre un bâtiment, dévoilant son contenu. Le train traverse un fleuve immense (on devine le Mississipi) et les champs de coton.


A la gare de La Nouvelle-Orléans, une fanfare et des journalistes, invités par Personne, acceuillent Jack Beauregard.


Le montage ne retient qu'une rapide conversation entre les deux hommes, avant de s'ouvrir sur le duel final, Royal Street, Quartier Français, La Nouvelle-Orléans.



Le dernier face à face entre Personne et Jack Beauregard, anticipant leur duel truqué : Terence Hill et Henry Fonda, dans la locomotive Baldwin 140-2054, sur fond d' Altiplano du Marquesado, La Calahorra (Grenade), vers juillet-août 1973.


Sources iconographiques:
Il Mio Nome e Nessuno, Tonino Valerii, DVD Mondo Home Entertainment, 2005.

Source extérieure d'information:
Il Mio Nome e Nessuno 1972-1973, Ernesto Gastaldi, scénario original, chez l'auteur, sans date.

samedi 19 mars 2011

"ALMERIA DE CINE".


Cet ouvrage, sorti en 2010, propose des comparaisons entre des photogrammes de films connus réalisés autour d' Almeria et leurs lieux de tournage, d'ailleurs fort bien photographiés par les auteurs, tel qu'ils sont devenus maintenant : Le Roi des Rois, Pour une poignée de Dollars ou encore Patton voisinent ainsi avec les plus récents L' Histoire sans fin ou Parle avec elle.


Les images, prises majoritairement au grand angle, valent par le regard topographique et très informatif sur des panoramas qui, pour certains, sont devenus méconnaissables, traversés d'autoroutes ou couverts de bâches blanches.


Reste la magie intemporelle et intacte des déserts de pierre.


Ivan et Said Zoido Salazar, Almeria de Cine, Centro de Estudios Andaluces, 2010.

vendredi 11 mars 2011

SUR LE TOURNAGE DE "IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION" (2).




Tournage d'une séquence de Il était une fois la Révolution, Sierra Alhamilla, Tabernas (Almeria), vers juin 1970.


Source:
Article et photographies d'Yvan Dalain, Ciné Revue, N° 53, 31 décembre 1970.

mardi 1 mars 2011

"MON NOM EST PERSONNE": DECOUPE, DECORS ET DETAILS (10).

Poblado Leone (vers avril 1989), construit en face de la gare de La Calahorra, pour des raisons logistiques. La ligne de chemin de fer permet de transporter facilement le matériel lourd de tournage. Cette possibilité déterminera le choix définitif du lieu par Carlo Simi, pour y construire la ville d' Il était une fois dans l'Ouest (1968).


La Calahorra Estacion, vers avril 1989: le hangar au toit noir appartient en propre à la Estacion de la RENFE.



La Calahorra Estacion, décorée pour Mon Nom est Personne, été 1973...

... et en avril 1989, état naturel.




L'intérieur du Public Urinal en bois, construit spécialement pour le film (Terence Hill face à Franco Angrisano, vers août 1973).




A l'origine, Ernesto Gastaldi faisait du transport de l'or de Sullivan dans les wagons de la Reserve Bank of Texas une scène très longue, à laquelle assistait une foule importante. Le film condense la séquence en une action militaire, fermée par un clin d'oeil au cinéma muet : nous sommes, dans le film, en 1899. Les trains filmés par Lumière et Edison sont déjà passés par là.



L'inscription Golden Plume Limited tient encore le temps (avril 1989)...





"Une plaine immense...

...le désert à perte de vue." (Personne à Jack Beauregard): la ligne du chemin de fer vers les mines d'Alquife (La Calahorra), Altiplano du Marquesado (Grenade), été 1973.

Altiplano du Marquesado, août 1982. L'immense plaine céréalière desséchée par le soleil d'août fournit un extérieur des plus crédibles et maintenant mythique. Valerii et Leone tourneront toujours leurs films, sur le Marquesado, en plein été.



Terence Hill aux commandes de la locomotive Baldwin 140-2054, machine de la RENFE, (été 1973). Cette vedette de cinéma est heureusement restaurée et soigneusement conservée aujourd'hui à Guadix.


La Baldwin 140-2054, déjà en gare de Guadix (avril 1989), après le tournage de Indiana Jones et La Dernière croisade, Steven Spielberg, 1988.




Sources iconographiques:
Il Mio Nom e Nessuno, Tonino Valerii, 1973 , DVD Mondo Home Entertainment, 2005.
Ektachromes, JO, 1982-1989.


Sources extérieures d'information:
Ernesto Gastaldi, Il Mio Nome e Nessuno 1972-1973, chez l'auteur, sans date.
Carlo Simi, L'Amérique de Sergio Leone, Festival International Cinéma Méditerranéen Montpellier, 1998.

jeudi 24 février 2011

"MON NOM EST PERSONNE": DECOUPE DECORS ET DETAILS (9).

Terence Hill, White Sands National Monument, Nouveau-Mexique, USA, vers juin 1973.

Le White Sands National Monument: un désert de gypse tout blanc près d'Alamo Gordo (ici, La Horde Sauvage)...



White Sands National Monument, années 2000.



Fondu enchaîné et retour au soleil d'Espagne. Sur l'Altiplano du Marquesado, ligne de chemin de fer des Mines d'Alquife (La Calahorra, Grenade), la locomotive Baldwin 140-254 et ses wagons de bois que croise Jack Beauregard.

Les wagons de la Reserve Bank of Texas, vers août 1973...


...et une année plus tard, vers le printemps 1974, abandonnés après le tournage (Estacion de La Calahorra, Grenade). Photo: Souchon.



Sources iconographiques:
Il Mio Nome e Nessuno, Tonino Valerii (1973), DVD Mondo Home Entertainment, 2005.
Google image.
Souchon, Sierra Leone Un bout de Far-West en Andalousie, Formule 1 N° 53, 31 décembre 1975.

mardi 22 février 2011

LE ROYAUME DU WESTERN SPAGHETTI.

Bud Spencer, Terence Hill, On l'appelle Trinita,E.B. Clucher (Enzo Barboni), 1970: Altopiano di Camposecco (Italie), été 1969.


Source: Ciné Revue, N° 8, 21 février 1974.

dimanche 20 février 2011

"MON NOM EST PERSONNE": DECOUPE DECORS ET DETAILS (8)

Poblado Leone, La Calahorra Estacion (Grenade), vers juillet-août 1973: de la ville de l'Ouest au Grand Guignol.


Terence Hill, Studios INCIR De Paolis, Rome, août 1973: une autre référence explicite, entre autres...


...au Cirque, Charlie Chaplin, 1928.



Henry Fonda: Studios INCIR De Paolis, Rome, août 1973: ombres et lumières à la Mario Bava.


John Ford meurt le 31 août 1973. Fonda est encore avec l'équipe de Tonino Valerii et Sergio Leone. Charlie Chaplin, lui, s'éteint le 25 décembre 1977.


Sources iconographiques:
Il Mio Nome e Nessuno, Tonino Valerii (1973), DVD Mondo Home Entertainment, 2005.
Le Cirque, Charlie Chaplin (1928).

vendredi 11 février 2011

EN MARGE DU SPAGHETTI: LE PROCES DES DOGES, DUCCIO TESSARI, 1963.

Gaumont continue d'exploiter avec bonheur son catalogue de films rares et recherchés, dans la collection Gaumont à la demande, devenue en quelques mois un référence cinéphile qui redessine l'exploitation du film de patrimoine sur support vidéo.


Ce mois de mars 2011 verra la sortie, pour la première fois en DVD, du mélodrame historique de Duccio Tessari, Le Procès des Doges (1963), avec Michèle Morgan, Jacques Perrin et Enrico Maria Salerno, la voix italienne de Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone.


Proposée dans une version 1.85 anamorphique, cette édition, inespérée encore il y a quelques mois, enchantera tous ceux qui, ici, apprécient le panache un peu désanchanté des Ringo de Duccio Tessari, cinéaste raffiné d'Almeria et de Venise.

http://www.gaumont.fr/


Jacques Perrin dans les geôles de Venise, Le Procès des Doges, 1963.

"IL ETAIT UNE FOIS DANS L' OUEST", VERSION LONGUE.

C' era una volta il West sort en DVD une première fois en 2000, édité par la défunte firme italienne CVC. Hélas, le titre, recadré en une image 1.85, ne correspond en rien à l'immense sens visuel de Sergio Leone.


Conscient d'avoir loupé le tir, CVC réédite le titre en 2002, cette fois en une version 2.35 respectant le format Techniscope d'origine, auquel Sergio Leone était très attaché. Cette version est aussi la plus complète disponible sur le marché de l'édition vidéo, en italien seulement et sans aucun sous-titre. Elle fait 2 heures 50 minutes et 43 secondes, durée PAL.


Ni la version éditée par Paramount, ni la récente édition italienne MondoHomeVideo, bien plus courtes, n'offrent donc les mêmes subtilités narratives et esthétiques, dans le raffinement extrême du montage et de son tempo si particulier.


Si ce DVD de presque 10 ans d'âge n'est pas techniquement parfait, au sens d'une définition moyenne et d'un coloris parfois curieux (la séquence dans la taverne de Lionel Stander, d'une lumière dorée au cinéma , vire au jaune) , c'est quand même la plus fidèle à ce que nous pouvions voir en salles : un film inondé de lumière, aux images brûlées par le soleil du Sud. En 1999, la Cinémathèque française montrait une copie neuve, éblouissante, en version longue, de C'era una volta il West, venue d'Italie: la copie utilisée par CVC ?


Nous sommes loin de la récente et très décevante restauration proposée par Martin Scorcese et la Cinémathèque de Bologne, diffusée par Carlotta en France, trop courte et surtout complètement sous-exposée: tous les blancs ont viré au bleu, la lumière devient glaciale la majeure partie du temps. L'image est comme désynchronisée du lyrisme des notes d'Ennio Morricone.


Avec de la chance, l'amateur pourra encore trouver ici ou là cette édition CVC, 2002. Elle est l'indispensable référence de ce que fut le film au cinéma et probablement dans l'esprit de Sergio Leone.

dimanche 23 janvier 2011

CONVERSATIONS AVEC SERGIO LEONE (1987).

S'il est un livre à connaître sur Sergio Leone, c'est bien celui-ci.

Noël Simsolo est un des premiers critiques sérieux à se pencher sur l'oeuvre du westerner italien. Il publie un entretien avec le cinéaste dans la revue ZOOM, N° 12 de 1972 puis c'est un article, désormais fameux, dans  La Revue du Cinéma Image et Son, n° 275 de septembre 1973. Mon Nom est Personne, dont le tournage s'achève à peine, est alors en post-production.

ZOOM, N° 12 de 1972: une première conversation entre Sergio Leone et Noël Simsolo.


La Revue du Cinéma Image est Son, N° 275, septembre 1973: Sergio Leone, par Noël Simsolo.


Leone apprécie l'article de Simsolo et les deux hommes deviennent amis, tissent même des liens familiaux. Sergio Leone aime Paris et traîne souvent au Marché des Puces, comme il l'explique à la télévision française.

Conversations avec Sergio Leone est issu d'une série d'entretiens enregistrés courant 1986-1987 (?), et sort chez Stock Cinéma en juin 1987. On sait maintenant que Sergio Leone raconte pas mal de bobards à son interlocuteur (sortie clandestine et estivale de Pour une Poignée de Dollars, exploité en fait de façon tout à fait normale, après son visa de censure du 01.09.1964, au SuperCinéma de Florence; auto-attribution de certaines des meilleures séquences de Mon Nom est Personne, réalisées par Tonino Valerii au Nouveau-Mexique, où Leone n'était pas....)

Mais l'ouvrage reste passionant. Leone y dévoile lui-même sa pratique du cinéma, son enfance et sa formation, la genèse intuitive ou conceptuelle de ses films, même s'il est probablement difficile encore de démêler vérités et mensonges.

Leone rejoint Orson Welles dans la façon dont il fabrique et raconte sa propre légende, celle d'un authentique créateur de formes du septième art.
Leone fut d'ailleurs pour un jour l'assistant de Welles à Rome, et plus longuement celui de Emile Couzinet dans ses studios de Bordeaux: des parrainages étrangement différents et bien moins connus que celui de Vittorio De Sica.

L'ouvrage se boucle sur l'évocation apocalyptique de l'ouverture de Leningrad, dernier projet jamais tourné de Sergio Leone: un retour au cinéma colossal des origines, celui où Steve Reeves et Rory Calhoun viennent à bout des fureurs de la terre et des éléments déchaînés (Les derniers jours de Pompéï, Le Colosse de Rhodes.)


Leone meurt le 30 avril 1989. France Culture a alors la bonne idée de diffuser quelques temps après l'intégralité des enregistrements réalisés par Noël Simsolo.


Les Cahiers du Cinéma , qui, en leur temps, sous la plume de Sylvie Pierre, dès 1968, s'étaient déjà intéressés à Leone, rééditent dans un format de poche, en 1999, Conversation avec Sergio Leone. C'est donc sans "s" qu'on peut encore se le procurer.


Conversations avec Sergio Leone, Noël Simsolo, Stock Cinéma, 1987.
Conversation avec Sergio Leone, Noël Simsolo, Cahiers du Cinéma, 1999 (réédition).

vendredi 7 janvier 2011

DEUX LIVRES VENUS D' ESPAGNE.

2010 s'est achevé en fanfare pour les publications originales concernant le western spaghetti.
Deux livres édités en Espagne permettent de faire le point sur une partie méconnue du genre: le rôle effectif des cinéastes, techniciens, acteurs espagnols qui ont créé et anticipé, par bien des aspects, ce que la postérité attribue au seul cinéma italien.

Juan Gabriel Garcia, journaliste à la Voz de Almeria, quotidien local et mémoire régionale, déjà auteur d'une biographie du figurant le plus célèbre d'Almeria, El Habichuela, publie un recueil d'entretiens riches et variés avec des cinéastes, acteurs, et ce qui est beaucoup plus rare, les techniciens méconnus de l'image, du cadre, du décor, de la production: du régisseur à la script.

Joaquin Romero Marchent, Eugenio Martin, Eduardo Fajardo, Simon Andreu, pour ne citer que les plus fameux, donnent le ton de ce que fut l'invention d'un genre, côté ibérique. Une contribution d'ensemble inégalée et maintenant indispensable sur ce versant trop souvent méconnu du western spaghetti.

Juan Gabriel Garcia, Los Espanoles del Western, Editorial Circulo Rojo, 2010, (Préface de Enzo G. Castellari).




L'ambition de l'auteur de Spanish Western, Pedro Guttierez Recacha, est très grande. Il entend démontrer que les cinéastes espagnols, bien avant Leone et les italiens, ont su créer un genre bien codifié et authentique, précurseur du développement commercial et esthétique du western européen.


400 pages bien tassées et parfaitement sourcées cernent tout ce qui fait l'entreprise de création et d'industrie: des conditions de production, de tournage, de la naissance et l'usage des décors, aux circuits d'exploitation en passant par les chemins tortueux de la censure franquiste.


Recacha s'appuie adroitement sur une documentation d'époque, en consultant, parmi d'autres, la revue Fotogramas et les entretiens passés avec les gloires ou les seconds coûteaux du temps: Fernando Sancho, Antonio Molino Rojo, Lex Barker, Giuliano Gemma, Hugo Fregonese et même... Clint Eastwood, dans un incroyable entretien d'avril 1964, fait à Madrid, où l'acteur, alors inconnu en Espagne, explique tourner une co-production commencée en Italie 15 jours plus tôt, en compagnie d'un très belle actrice allemande, au nom incertain de Marianne " Kock o Cook" (Marianne Koch), sans même citer le nom du metteur en scène... Sergio Leone.

L'article est reproduit et l'on découvre alors le visage de l'homme sans nom, top model photographié entre deux plans de Pour une poignée de Dollars, décontracté sous une belle barbe de trois jours, nécessaire au tournage, mais chemise élégante et col largement ouvert.


Préfacé par Carlos Aguilar, l'ouvrage consacre une longue partie à Joaquin Romero Marchent, ce cinéaste majeur et inventeur oublié par l' Histoire du Cinéma de bien des formes en Scope Couleurs de ce que laissera à la postérité le western méditerranéen .

Il est si rare de trouver une lecture un peu nouvelle du genre, que nous ne saurions que trop conseiller l'acquisition de cet ouvrage, même aux hispanisants peu avertis, au vu de la qualité et de la nouveauté des informations que l'on peut y picorer ou y dévorer.

Pedro Gutierrez Recacha, Spanish Western El Cine del Oeste como subgénero espanol (1954-1965), Generalitat Valenciana, 2010, (Préface de Carlos Aguilar).

samedi 1 janvier 2011

MINNESOTA CLAY CHEZ GAUMONT, DVD, JANVIER 2010


Gaumont, la firme à la marguerite, propose, à la demande, l'édition en DVD pressé de titres jugés peu rentables commercialement dans le marché traditionnel de l'exploitation vidéo. Les masters utilisés sont des copies BETAMAX, de la meilleure qualité possible, sans restauration de faite néanmoins.

Après une cinquantaine de films diffusés en octobre et novembre 2010, la collection s'étoffe de 5 nouvelles sorties mensuelles.
Le western de Sergio Corbucci, réalisé à l'automne 1964, Minnesota Clay, exploité en France par Gaumont sous le titre Le Justicier du Minnesota, fait partie de la première fournée, janvier 2011, programmée à la vente le 20 du mois.



Si Minnesota Clay bénéficie à travers le monde déjà d'éditions DVD convenables, c' est une excellente nouvelle de voir enfin arriver chez nous la version française.
La dernière édition en date, italienne, publiée par 01 Distribution dans la décevante collection Titanus Wild West (films trop souvent décadrés) est au format correct, 1.66, mais les jolies couleurs du film sont inégales, chancelantes.


Un coup de chapeau à Gaumont pour cette édition surprise, demandée par plusieurs amateurs, entre autres très belles sorties issues d'un catalogue riche et varié, qui combleront les cinéphiles. Chaque film est sous-titré en français, pour les mal-entendants.


Gaumont propose au public de formuler ses souhaits éditoriaux par courriel à l'adresse suivante:


Toute demande doit être accompagnée d'un nom et d'une adresse physique, et faite pour un film issu du catalogue Gaumont actualisé :


Gaumont presse ou ne presse pas le titre, en fonction du nombre de demandes reçues (une trentaine suffirait).

Le goût de la violence, de Robert Hossein, 1961, figure dans le catalogue Gaumont. C'est le moment opportun pour enfin voir éditer en DVD ce proto western européen, devenu très rare.


Minnesota Clay, histoire d'un pistolero atteint petit à petit de cécité, sera suivi d'une autre sortie très attendue en France, une autre histoire de pistolero aveugle, Blind Man, Ferdinando Baldi, 1971, logiquement en février 2011 chez Wild Side.



Excellente année 2011 à tous.